Au Chalet
Projet_Magali Hubert-Huot et Audrée Demers-Roberge s’allient pour la première fois avec un projet dans l’espace public inspiré du chalet de Saint-Hilarion de Magali Hubert-Huot au décor iconographique populaire. Elles arborent leurs habits de camouflage maison et s'affairent à graduellement bâtir leur chalet, lieu privilégié des québécois pour s’évader de la civilisation et du mode de vie moderne. Fendre du bois, le corder, dessiner, broder, mouler, récolter l’eau de pluie, préparer un feu, entre absurdité et autosuffisance, le chalet sert d’abris et de lieu de création. Magali Hubert-Huot travaille le motif du real tree camo afin de revisiter l’histoire du coureur des bois et de son contemporain; le chasseur. Elle détourne la symbolique masculine de certains objets utilisés par ceux-ci, afin de les couler en matières molles et fluorescentes. Audrée Demers-Roberge dessine aux crayons de couleurs et brode des fragments du territoire vu de près, créant des images denses qui rappellent la fonction première du camouflage; la distorsion visuelle.
Bio_Audrée Demers-Roberge (Lévis) vit à Saint-Alban. Elle a complété une maîtrise en arts visuels et un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval avec une année d’études en Finlande. Elle a présenté À la rencontre du Gros Morne, une exposition solo au Centre d’accueil des visiteurs de Parc Canada à Rocky Harbor, Terre-Neuve. Elle a réalisé différentes expositions individuelles, notamment à l’Oeil de Poisson pour le Jardin d’hiver de la Manif d’art de Québec. Elle a exposé à la Foire Plural et Art Toronto avec la Galerie C.O.A., à Vu Photo, au Centre Inouï, à Engramme, à la Foire en art actuel de Québec, à Manif d’art 9 et au Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Elle a été en résidence à Est-Nord-Est, à Vaste et vague, à Creative Gros Morne à Terre-Neuve, à Prima Ink en Norvège et à Le Château – Association Diagn’Art au Sénégal. Ses œuvres font partie de la Collection Desjardins, de la Collection Méduse ainsi que de la Collection d'œuvres d’art de la Ville de Lévis.
Démarche_Partant d’une exploration de son propre rapport au monde et plus spécifiquement aux environnements naturels, Audrée Demers-Roberge transforme celui-ci progressivement et propose une attitude holistique : celle d’une tentative de rapprochement avec des organismes naturels. À travers les allers-retours entre proximité et distance avec ceux-ci, se crée du mouvement et du rythme. Ce n’est pas la forme apparente objective de la nature ou du paysage qui l’intéresse mais ce qui motive sa forme et la dynamise.
Considérant le territoire comme un lieu de mémoire collective, où chaque geste ou activité humaine s’inscrit et s’accumule, Audrée Demers-Roberge tente d’y ajouter des gestes singuliers par des interventions. Celles-ci sont le résultat de ce qui peut émerger de rencontres et interactions intimes avec le territoire. Elle réalise parfois en mode semi-nomade des dessins aux crayons de couleurs dans des carnets de voyage sur le territoire, et peut dessiner presque partout. Sa pratique est fondamentalement indisciplinée.
