Je finirai bien par disparaître
Projet_Pour la durée du Symposium, Martin Wautié occupe un espace qu’il conçoit comme un hybride entre salon, atelier et lieu d’expérimentation accessible au public. Une caméra 360° y enregistre ses actions performatives autour du camouflage, où son corps se fond progressivement dans le décor par des gestes de transformation — peinture, assemblage, couture, recouvrement — laissant apparaître le temps et les traces du processus. Après chaque activation, il réalise un court montage en réalité virtuelle, permettant de suivre l’évolution du projet : ses tentatives de disparition s’y superposent et créent un espace où plusieurs présences coexistent. Sans hors-champ, la caméra évoque l'observation continue. Le projet de Martin Wautié interroge le besoin de retrait face à l’injonction de visibilité et de performance, faisant du camouflage une stratégie fragile de résistance et de respiration.
Bio_Martin Wautié développe une pratique à la croisée de la poésie, de la musique et des arts visuels. Formé en bande dessinée à Saint-Luc (Bruxelles), il débute dans la blogosphère et l’autoédition. Il est récompensé au Festival d’Angoulême et publie sa BD Super Rabbit. Il élargit ensuite son travail à des projets musicaux collectifs et transdisciplinaires mêlant concerts, littérature et dessins en direct. Après une pause personnelle, il reprend son roman graphique Comme dire gendarme à un sourd. Il entre aux Ateliers Mommen (2022), où il développe depuis des formes hybrides de création — installations, peinture, réalité virtuelle et pièces sonores — et présente sa première exposition solo Ma toute dernière expo (2023). En 2024, il coordonne le festival Habité·e·x·s. Suite à une résidence au centre d’art Bang (Chicoutimi), il travaille sur Nos petites rénovations, un projet consacré aux structures visibles et invisibles qui façonnent nos manières de survivre et d’habiter le monde.
Démarche_Martin Wautié crée des œuvres hybrides où mots, sons et images dialoguent. Son travail explore la fragilité humaine, la résilience et les structures de soutien, tant individuelles que collectives. Sa première exposition individuelle en 2023 interrogeait la masculinité, les privilèges systémiques et la place que chacun occupe dans la société. Aujourd’hui, les échafaudages et la rénovation constituent le fil conducteur de sa recherche : des métaphores pour penser les mécanismes de protection et d’adaptation face aux relations humaines, à la précarité et aux bouleversements écologiques. À travers le dessin, la peinture, l’installation, le son et la réalité virtuelle, il propose des expériences immersives fondées sur la tension entre matériaux et symboles. Son objectif est d’ouvrir des espaces de contemplation et de dialogue, invitant chacun à reconsidérer sa manière d’habiter le monde, entre reconstruction intime et transformation collective.
