Ausente
Projet_Dans le cadre du 44e Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul, Paolo Almario présente Ausente, une installation interactive qui confronte le public à l'expérience de la disparition algorithmique. Une projection de type surveillance montre les visiteurs en temps réel. Sans avertissement, une personne est effacée de l'image : pour la machine, elle a cessé d'exister. L'œuvre rend visible l'acte d'invisibilisation comme forme de contrôle, explorant le thème du camouflage et de l'occultation par le prisme de la discrimination algorithmique. Ausente s'inscrit dans le cadre de Dyscrimina, une recherche sur les biais algorithmiques. Durant la création publique, Almario développe son œuvre en dialogue avec les visiteurs, exposant le processus de création comme partie intégrante de la proposition artistique.
Bio_Né à Florencia (Caquetá), en Amazonie colombienne, Paolo Almario arrive au Québec en 2011, obtient le statut de réfugié en 2015, puis la citoyenneté canadienne en 2022. Établi à Chicoutimi, il développe une pratique où technologies numériques et systèmes robotiques sondent les mécanismes d'effacement et les structures de pouvoir. Diplômé de l'Universidad Los Andes (Bogotá), il est titulaire d'une maîtrise en arts de l'Université du Québec à Chicoutimi (2014), où il enseigne. Ses installations déploient des machines aux gestes programmés qui altèrent les œuvres par ajout ou retrait de matière, incarnant l'impermanence et la déconstruction systémique. Prix du CALQ — Créateur de l'année au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soutenu à plusieurs reprises par le Conseil des arts du Canada et le CALQ, il a exposé au Canada, en Colombie, au Mexique, en France, en Italie, au Maroc, en Belgique et en Thaïlande. Il cofonde en 2021 Ubchihica, centre de recherche-création en arts numériques à Chicoutimi.
Démarche_Le travail de Paolo Almario prend forme à travers des dispositifs où systèmes robotiques, algorithmes et vision par ordinateur opèrent directement sur la matière. Ses machines, programmées pour des gestes incessants : graver, effacer, ré-assembler. Elles transforment des données brutes en œuvres évolutives, matérialisant l'entropie comme fatalité programmée. Ces processus, à la fois méthodiques et irréversibles, mettent en tension la persistance de la trace et sa disparition. L'installation devient un terrain où la surveillance, l'effacement identitaire et les asymétries de pouvoir se manifestent non par la représentation, mais par l'action de la machine sur la surface. D'une œuvre à l'autre, un mécanisme de reconnaissance faciale déclenche le retrait irréversible de matière; un traceur robotique altère un portrait pendant des semaines. Le visiteur active, par sa seule présence, sa propre disparition.
