Atelier ouvert / Gabrielle Lajoie-Bergeron / 15 au 26 août

Lajoie-Bergeron remet en question les découpages et interprétations du monde, du corps et de l’histoire – les petites et grandes histoires. Le projet de recherche « La Noyée – Tremate, tremate, le streghe son tornate »  s’inspire d’un slogan du mouvement féministe italien des années 1970 (réutilisé plus récemment (2017-18) dans nombreuses marches pour les droits des femmes – entre autre à Rome et à Washington) et d’une légende métisse de Charlevoix : La Noyée.   Avec une série de peintures, de dessins, de petites sculptures et d’installations, elle s’intéresse aux mythes et aux rituels entourant les figures de la sorcière et de la chamane. Comment ces figures représentent-elles aujourd’hui des éléments subversifs de la société et la contre-culture ? Comment investissent-elles les sphères de la créativité et de la résistance agissant comme de nouvelles figures d’émancipation ? Longtemps persécutées, hystérisées ou souillées, elles se présentent aujourd’hui sous un éclairage plus glorieux. Si ce retour à celles qui se réclament “sorcières/chamanes” est désormais répandu, il n’en reste pas moins que ces réservoirs de mythologies dérangent toujours et soulèvent les passions.

Lajoie-Bergeron sonde les mécanismes de construction des images et de l’histoire, leur reproduction, leur circulation ainsi que leur banalisation, manifestant un besoin de réfléchir aux récits collectifs et individuels à travers une parole intergénérationnelle. Par une approche féministe, ses explorations portent sur les notions de territoire – sauvage, intime, public – et d’appartenance. Comment penser aujourd’hui la notion de conquête du territoire et son appropriation ? Comment y entrer, en sortir, le défoncer ? Ses peintures, dessins, collages et petites sculptures abordent les rapports entre sexe, pouvoir et animalité. Travaillant les codes normatifs véhiculés à travers les archétypes de la figure féminine, l’artiste cherche à combler le vide laissé par les images, que celles-ci soient d’ordre féministe, politique, médiatique ou social. Elle s’intéresse à la manière dont une même représentation peut à la fois être source de domination et d’émancipation.

Gabrielle Lajoie-Bergeron détient d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Son travail a été diffusé au Canada, en Europe et en Afrique. Lauréate de nombreux prix et bourses, son travail a été présenté, entre autres, dans le réseau des maisons de la culture de l’île de Montréal. En 2017, elle était de la délégation du CALQ (volet peinture) aux 8e Jeux de la Francophonie à Abijdan, en Côte d’Ivoire.

Photos courtoisie de l’artiste